Réfutation d’une objection anti-sédévacantiste : « Les Codes de droit canonique de 1917 et 1983 enseignent qu’une déclaration s’impose pour que quelqu’un perde sa fonction à cause de l’hérésie. »

Citons d’abord un extrait d’un article d’une revue moderniste conservatriceA Challenge to the Sedevacantist Enterprise, Partie II, The Remnant, 30 septembre 2005, page 18, de Chris Ferrara : « En effet, les codes de droit canonique de 1917 et 1983 prévoient tous deux que personne ne peut insister pour dire qu’une fonction ecclésiastique a été perdue pour hérésie, à moins que celle-ci ait été établie par une déclaration de l’autorité compétente. »

C’est faux.

Le Code de 1983, hérétique et invalide (et à brûler, éventuellement), du pseudo pape Jean-Paul II affirme dans son canon 194 §3 qu’une telle déclaration est nécessaire. Le Code de 1917, lui, ne l’affirme pas, au contraire ! Le canon parallèle au canon 194 du Code de 1917 est le canon 188. Ce dernier ne contient pas une telle disposition, mais déclare simplement qu’un clerc qui « apostasie publiquement la foi catholique » (188 §4) perd sa fonction par le fait même, « sans aucune déclaration. »

Code de droit canonique de 1917, canon 188 §4 : « En vertu de la renonciation tacite admise ipso jure, est vacant ipso facto et sans aucune déclaration, quelque office que ce soit si le clerc… (4) apostasie publiquement la foi catholique. »

Donc, le Code de 1917 ne dit rien à propos d’une déclaration nécessaire : il dit même tout à fait le contraire : « sans aucune déclaration ». Les deux canons comparés, la différence est frappante :

Code de droit canonique de 1983, canon 194 §1-3 : « Est révoqué de plein droit de tout office ecclésiastique : (…) 2. la personne qui a publiquement abandonné la foi catholique ou la communion de l’Église… La révocation dont il s’agit aux nn. 2 et 3 ne peut être urgée que si elle est établie par une déclaration de l’autorité compétente. »

Continuons un instant, afin de montrer que, en plus de contredire le Code de 1917, le Code de 1983 contredit bien d’autres citations du magistère ou de Pères et Docteurs de l’Eglise. Ainsi :

1 – Citations du magistère de l’Eglise :

a) « Propos. 47ème. – Il est nécessaire, d’après les lois naturelles et divines, que, soit pour l’excommunica­tion, soit pour la suspense, il y ait un examen person­nel préalable ; par conséquent, les sentences dites ipso facto n’ont pas d’autre force qu’une sérieuse menace sans aucun effet actuel (De la pénitence, § 21, 23)­ Proposition fausse, téméraire, pernicieuse, injurieuse pour l’autorité de l’Église, erronée. » Condamnation de la 47ème proposition janséniste du Synode de Pistoia, DB 1547, Pie VI. La Bulle Auctorem Fidei entière ici.

b) « (…) quiconque enseignerait, soutiendrait ou mettrait au jour ces propositions, ou quelques-unes d’entre elles, soit conjointement, soit séparément, ou qui en traiterait même par manière de dispute, en public ou en particulier, si ce n’est peut-être pour les combattre, encoure ipso facto, et sans qu’il soit besoin d’autre déclaration, les censures ecclésiastiques et les autres peines portées par le droit contre ceux qui font de semblables choses. » Extrait de la Bulle Unigenitus, 8 septembre 1713, Clément XI.

c) « Sans qu’il faille quelque déclaration ultérieure. » Paul IV, Bulle Cum ex apostolatus.

d) « Telle a été toujours la coutume de l’Eglise, appuyée par le jugement unanime des saints Pères, lesquels ont toujours regardé comme exclu de la Communion Catholique et hors de l’Eglise quiconque se sépare le moins du monde de la doctrine enseignée par le magistère authentique… Saint Augustin remarque que d’autres espèces d’hérésies peuvent se développer, et que, si quelqu’un adhère à une seule d’entre elles, par le fait même, il se sépare de l’Unité Catholique : « … quiconque embrasserait l’une d’entre elles, cesserait d’être Chrétien Catholique. » (De haeresibus, n. 88). » Léon XIII, Encyclique Satis cognitum, 29 juin 1896.

etc.

2 – Citations (ici) d’un Père et d’un Docteur de l’Eglise :

c) « C’est pourquoi l’hérétique est dit « condamné par lui-même » : car le fornicateur, l’adultère, l’homicide et les autres pécheurs sont expulsés de l’Eglise par les prêtres, tandis que les hérétiques, prononçant une sentence contre eux-mêmes, s’excluent de l’Eglise par leur propre arbitre. » Saint Jérôme in Tit. III, 10.

d) « Par ce seul fait, et sans aucune sentence. » Saint Robert Bellarmin, De Romano pontifice II, 30.

etc.

C’est probablement pour cette raison que l’article de Chris Ferrara paru dans The Remnant ne donne aucune citation du Code de 1917 dans sa note de fin de page mais qu’il ne donne qu’une référence au Code de 1983…

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