Manifeste politique

Ce manifeste a été rédigé par Christus Imperat. Comme nous partageons les idées qui y sont exprimées, nous avons décidé de les partager ici sur notre site. Bonne lecture.

Manifeste politique (Christus Imperat)

Ce Manifeste vise à préciser les principales perspectives de notre pensée politique. Nous nous devons toutefois d’établir rapidement ici un certain nombre de points qui relèvent de l’évidence. Comme son nom l’indique, nous sommes des catholiques romains, attachés aux dogmes, aux structures et à l’être même de l’Église, qui est le Corps Mystique de Notre Seigneur, par les liens de la Foi, de l’Espérance et de la Charité. Nous nous inscrivons dans une démarche philosophique thomiste, c’est-à-dire basée sur le réel et non sur un attachement passionnel à la personne, éminente cela va sans dire, de saint Thomas d’Aquin. Nous sommes ouverts sur l’étude du réel physique comme métaphysique, car il ne peut qu’être en accord avec les dogmes de la Foi.

 

I. Diophysites civiques

Les rapports entre l’Église et l’État ne doivent pas être confondus avec les rapports – nécessairement antagonistes – entre la Cité de Dieu et la Cité du monde. Les chrétiens sont de la Cité de Dieu, et ils opèrent dans le monde. Nous sommes pleinement hommes, d’autant plus hommes que nous sommes restaurés du péché originel par le baptême, bien que nous portions encore, le temps de notre pèlerinage terrestre, les conséquences de cette blessure.

Nous ne devons donc ni fuir le monde comme s’il n’était que péché ou erreur, comme le gnosticisme et le bouddhisme, ni comprimer la nature humaine comme si elle était intrinsèquement perverse, comme le luthéranisme et le jansénisme, ni faire dépendre la nature humaine, dans son essence, de la grâce divine (la grâce devient nécessaire, et non plus gratuite, amenant à un pseudo-surnaturalisme d’autant plus hypocrite et incohérent qu’il se termine dans un inéluctable naturalisme), ni, d’un autre côté, mépriser l’apport de la grâce comme portant atteinte à l’autonomie de la nature (naturalisme tout aussi hypocrite car il aboutit toujours à un dépérissement de la nature elle-même, le refus de la grâce étant contre-nature) ou vouloir confondre les deux ordres pour mieux magnifier l’idole dont on s’est épris, menant à l’idéalisme, donc au panthéisme absurde.

La grâce ne détruit pas la nature, mais la restaure dans son ordre propre. Le chrétien en état de grâce est à la fois pleinement homme et pleinement chrétien dans la Cité.

Sur ce sujet, nous vous renvoyons aux articles fondamentaux de l’abbé Barion, à l’étude du père jésuite Bainvel, Nature et surnaturel ; élévation, déchéance, état présent de l’humanité, à celle d’Etienne Gilson, Les métamorphoses de la Cité de Dieu ou encore celle de l’abbé Louis Capéran, La question du surnaturel et enfin celles du père dominicain Lachance, L’humanisme politique de saint Thomas d’Aquin et Nationalisme et religion.

II. Monarchistes de droit médiatement divin

Le système de la communication immédiate du pouvoir par Dieu au souverain fut celui des protestants désireux de se servir de la puissance civile pour ébranler le catholicisme, puis des gallicans, puis de certains royalistes ultramontains tentés par le traditionalisme philosophique, enfin de certains républicains idolâtres du peuple. En réalité, là où il y a une autorité, il n’y a pas tant une collation immédiate par Dieu même, qu’une Providence divine toute spéciale sur les royaumes et sur les peuples.

Nous renvoyons à l’étude de l’abbé Féret, Le pouvoir civil devant l’enseignement catholique ainsi qu’à celle du chanoine Moulart, L’Église et l’État, ou, Les deux puissances : leur origine, leurs rapports, leurs droits et leurs limites (au niveau des principes, évitez la partie « appliquée »).

III. Jusnaturalistes

Nous affirmons l’existence d’un pouvoir légitime d’après les lois de la nature ainsi que son application non-exclusive dans un cadre juridique. Toutes les lois humaines ou positives doivent être jugés sur leur conformité à la loi naturelle. Une loi injuste n’est pas une loi, au sens plein du mot. Elle conserve simplement l’« apparence » du droit dans la mesure où elle est dûment constituée et exécutée de la même façon que l’est une loi juste, mais elle-même est une perversion de la loi. Cette conception s’oppose au positivisme juridique, qui méprise le sens commun et la valeur transcendante du bien et du vrai.

Nous renvoyons au Traité de droit naturel théorique et appliqué de Tancrède Rothe.

IV. Décisionnistes

La souveraineté ne s’incarne concrètement que dans des situations exceptionnelles. A l’ordre juridique, ou à la norme, préexiste un sujet individuel prenant des décisions souveraines dans des situations non prévues. Dans cette optique, c’est la décision individuelle qui redonne sens au droit, ou qui le réinvente, dans des situations sans issue. La prise de décision fait la grandeur et le risque du politique ; elle seule assure au pouvoir une vraie auctoritas. Sans prise de décision, nous dégénérons dans une vision calviniste du politique, où la loi devient mécanique, pour finir dans une dissociété de gestionnaires où le politique disparaît, comme c’est le cas actuellement.

Nous renvoyons à la Théologie politique de Carl Schmitt.

V. Partisans de l’alliance entre le politique et la religion

Il est évident de dire que le politique a des liens avec la religion. D’abord, dans l’hommage à la divinité, d’où il tire son pouvoir et dans la réalisation effective au sein du gouvernement des vertus naturelles sublimées par les vertus théologales. D’autre part, dans la garantie de la paix publique, qui favorise la tranquillité de l’âme nécessaire à la méditation et à l’ascèse. Ensuite, dans la défense, sur le plan temporel, de la mission de l’Église quant à la lutte contre l’hérésie et l’erreur civile. Enfin, cette mission religieuse lui est nécessaire pour garantir sa survie. L’État libéral laïc vit sur une position qu’il ne peut se garantir. D’une part, il ne peut subsister que si la liberté qu’il consent à ses citoyens est réglementée à l’intérieur, au sein de la substance morale des individus et au sein d’une société homogène. D’autre part, il n’est pas en mesure de soutenir ces forces de réglementation intérieure par lui-même sans renoncer à son libéralisme. L’État libéral est un oxymore.

Nous renvoyons à l’étude classique du Cardinal Journet sur La juridiction de l’Église sur la cité ainsi qu’à celle du chanoine Moulart, déjà citée au point 2.

VI. Compatibilisto-libertariens (ou, plus simplement, tenants du libre-arbitre selon saint Thomas d’Aquin)

Nous croyons que l’homme a le pouvoir de son choisir et de se déterminer soi-même. C’est sa liberté morale, ou libre arbitre. La liberté humaine est la condition première et fondamentale de la vie morale. Ce pouvoir doit être protégé et encadré socialement afin d’empêcher la perte par l’homme de sa liberté en s’attachant aux vices. Le politique a un rôle moral.

Nous renvoyons à La liberté et le devoir, fondements de la morale et critique des systèmes de morale contemporains de Mgr Farges.

VII. Croyants en un Dieu transcendant

La transcendance divine est une vérité métaphysique naturelle, qui sera complétée par l’Incarnation et la doctrine de l’Église en tant que Corps Mystique, particulièrement attaquée par les modernes. Ils veulent bien parler de divin, de transcendance, de spiritualité, mais ils refusent d’associer l’idée de la divinité avec l’idée de la transcendance. Pour eux, c’est l’homme, ou son agir, ou son environnement, ou une de ses qualités, qui est transcendant ou « divin ». Les plus érudits d’entre eux veulent bien admettre quelque être supérieur à l’homme, mais cet être doit dépendre encore du monde (panenthéisme). Un Dieu transcendant leur paraît odieux. En partie car on devrait rendre compte de ses actes à cet être transcendant, en partie car ce serait faire hommage à l’Église tant honnie, en partie car ce serait devoir faire là un acte d’humilité et d’intelligence, contre l’orgueil des utopistes. Pour éviter cela, ils ont inventé cette escroquerie intellectuelle qu’est l’immanentisme, matrice de la modernité philosophique. En politique, les solutions strictement personnalistes, communautaristes, individualistes, socialistes, libérales, communistes, nationalistes, mondialistes, nationalitaristes, anarchistes, racistes, libertariennes, etc. sont fortement marquées par l’immanentisme qui empoisonne les quelques vérités que l’on peut y trouver. Il faut décanter la mentalité moderne, et cela doit nécessairement passer par la remise en honneur de la transcendance divine.

Nous renvoyons à l’ouvrage du père dominicain Garrigou-Lagrange, Dieu, son existence et sa nature ainsi qu’à celui du père sulpicien Ligeard, La théologie scolastique et la transcendance du surnaturel.

VIII. Communautaristes chrétiens

Le bien commun n’est pas le bien singulier des personnes. Le bien commun de la cité est le bien de chacun, mais comme bien commun, et non comme bien singulier. Le bien est d’autant plus grand qu’il peut s’étendre à un plus grand nombre, et constituer ainsi la fin d’un plus grand nombre. On peut établir un schéma comme suit : le bien de la personne est plus petit que le bien de la famille, qui est plus petit que le bien de la commune, qui est plus petit que le bien de la province, qui est plus petit que le bien de l’état, qui est plus petit que le bien de la société internationale, qui est plus petit que le bien des âmes, qui est plus petit que le bien de la Cité céleste. Par conséquent, il y a un devoir du politique de correspondre concrètement à une telle gradation de valeur. L’économique n’est pas la finalité du tout, ni même la civilisation dans son aspect artistique ou matériel. La fin ultime est Dieu Lui-même auquel tout, le politique comme l’économique ou le culturel, doit être ordonné.

Nous renvoyons à l’étude de Charles de Koninck, De la primauté du bien commun contre les personnalistes.

IX. Protecteurs des libertés culturelles et soutiens de l’écologie humaine

Contre le nationalitarisme subjectiviste ou le globalisme contre-nature, nous défendons les libertés culturelles ainsi que les réalités nécessaires au développement de l’homme. L’âme naissante ne trouvera sa forme que par le « pli » qu’imprimera tout un ensemble de réalités extrinsèques : milieu naturel, état économique, politique et social, race, langue, etc. Le trait qui domine ces réalités est la continuité. Nous affirmons ce droit à la continuité, mais aussi, car l’homme est un être intelligent et libre, un devoir de travailler pour cette continuité, c’est là la responsabilité collective du peuple. La culture est une réalité vivante qui doit être protégée, comme toutes les conditions requises pour l’épanouissement des hommes. Les civilisations ont droit à notre respect lorsqu’elles sont respectables, c’est-à-dire lorsqu’elles sont conformes à la nature humaine et à la volonté divine exprimée dans l’enseignement de l’Église. Ces éléments naturels ne constituent pas un déterminisme absolu, ni une incongruité superfétatoire à notre époque. Ce sont des accidents essentiels de la substance humaine.

Nous renvoyons à l’étude du Père jésuite Lucien-Brun sur Les Libertés Culturelles parue dans les Archives de Philosophie, ainsi qu’à L’homme, cet inconnu, d’Alexis Carrel.

X. Mesurant le monde en vue de l’eschaton

Les Chrétiens savent, car cela est dans la Révélation, que les choses terrestres finiront mal, que Notre Seigneur opérera alors sa Parousie, combattra les forces du mal et les vaincra définitivement, instaurant pour toujours le royaume de Dieu sur Terre. Nous sommes donc résolument tournés vers l’avenir, non pas vers l’Éden perdu, mais vers l’Éden retrouvé et incomparablement plus grand par le triomphe du Christ. D’où ce mélange, si incompréhensible pour les Gentils, de pessimisme mondain et d’espérance surnaturelle qui est le propre du vrai chrétien. D’où aussi cette vision particulière du monde qui rejette à la fois l’utopisme comme trop mondain, mais également le fatalisme comme trop inhumain. Cela conduit à un comportement volontiers guerrier et combattif. La vie vertueuse sur Terre est un combat et tout chrétien doit mener ce combat à sa manière, selon ce que Dieu a décidé pour lui, afin de correspondre à la volonté divine et de gagner le Ciel. L’ascèse n’est pas conçue comme haine du monde, mais comme marque d’un profond sentiment d’amour pour Dieu et Sa Création, qui appelle une purge de tous les attachements déréglés, car sybaritiques. L’ascèse est une participation à ce combat.

Nous renvoyons au Précis de théologie dogmatique de Mgr Bartmann, ainsi qu’à La Parousie du Cardinal Billot.

XI. En faveur du politique comme katechon

Le katechon (« ce qui retient », ou « celui qui retient ») est un concept biblique qui a par la suite été développé en une notion de philosophie politique. Le terme se trouve dans la deuxième épître de saint Paul aux Thessaloniciens 2:6-7 dans un contexte eschatologique : les chrétiens ne doivent pas se comporter comme si le jour du Seigneur avait lieu demain, puisque le Fils de la Perdition (l’Antéchrist des épîtres de saint Jean) doit être révélé avant. Saint Paul ajoute que la révélation de l’Antéchrist est conditionnelle à la suppression du « quelque chose / quelqu’un qui le retient » et l’empêche d’être pleinement manifesté. Dans le Nomos de la Terre, le penseur politique allemand Carl Schmitt montre l’importance historique dans le christianisme traditionnel de l’idée du « restricteur » katechonique qui permet un christianisme centré sur Rome, et qui « signifiait la puissance historique visant à retenir l’apparition de l’Antéchrist et la fin de la présente éon ». Le katechon représente, pour Schmitt, l’intellectualisation de l’ancien Christianum Imperium, avec tous ses pouvoirs policiers et militaires pour faire respecter l’éthique orthodoxe. Le politique est, selon nous, cette force katechonique qui retarde actuellement l’arrivée de l’Antéchrist. Cela permet de faire le lien avec la dépolitisation libérale actuelle, fruit de notre apostasie.

XII. Favorables à une politique prudente et juste, gouvernée par la charité

Les vertus de prudence et de justice sont les deux principales vertus morales. La prudence rectifie et ordonne les actions humaines en tant que celles-ci perfectionnent celui qui les accomplit et le conduisent à sa fin ; la justice rectifie et ordonne les mêmes actions en tant que celles-ci insèrent dans la société celui qui les accomplit. Nous sommes gouvernés par le haut. La vertu est un ordre. Retirer une vertu de cet ordre, ou lui donner un rôle indu, c’est détruire tout l’ordre : cela est aussi vrai de l’ordre naturel que de l’ordre surnaturel. La charité, elle, est la vertu architectonique, parce qu’elle ordonne et unifie les actes de toutes les autres vertus, les rendant méritoires, les faisant concourir à la gloire de Dieu. Il y a mille manières d’exercer l’esprit propre au détriment d’un ordre qui demande sans cesse ajustement, unité et renoncement. Et prière. Ce sont là toutes des vertus ô combien nécessaires en politique, et pourtant elles ne semblent plus guère aller de soi, même chez ceux qui en font profession. La conséquence est le gâchis actuel.

Nous renvoyons à l’étude du père dominicain Deman Sur l’organisation du savoir moral ou celle du père dominicain Ramirez sur La science morale pratique. La philosophie morale adéquate.

XIII. Favorables à une tolérance prudente et juste, gouvernée par la charité

La vertu de tolérance est une vertu morale secondaire, liée à l’accident de la conscience erronée. La paix sociale peut parfois l’exiger à un niveau étatique, comme sous Constantin, par exemple. La tolérance étant vertu, elle doit être rectifiée et ordonnée par la prudence et la justice, et gouvernée par la charité. La situation qui en résulte ne peut néanmoins pas être considérée comme une situation souhaitable en elle-même, car elle dépend intrinsèquement d’un mal, qui de plus enlève la dignité opérative de la personne humaine. La dignité n’est pas égale chez celui qui adhère au vrai et celui qui adhère à l’erreur, chez celui qui veut le bien et chez celui qui veut le mal. Dans la mesure où l’homme adhère à l’erreur ou s’attache au mal, il perd sa dignité opérative. Il n’a pas un droit naturel à répandre ses erreurs ou à exercer ses vices. La tolérance ne peut donc s’établir qu’au nom de la paix sociale. Elle n’exclut pas la nécessité de réprimer la propagation ou la démonstration du mal, elle l’appelle même dans un futur qui dépendra de la prudence politique exercée selon les circonstances historiques.

Nous renvoyons à l’étude de l’abbé Berto, Pour la sainte Église romaine.

XIV. Partisans d’un droit de coaction sociale en matière religieuse

Dans la patrologie latine de Migne, tome 54, colonne 1130, on trouve ces propos tirés d’une lettre du Pape saint Léon le Grand à l’empereur romain d’Orient Léon : « Vous devez remarquer sans hésitation que le pouvoir royal vous a été donné non seulement pour le gouvernement du monde mais surtout pour la protection de l’Église, pour que, en comprimant avec audace les impies, vous défendiez ce qui a été bien statué. » La liberté religieuse, au sens précis d’un droit de non-agression civile en matière religieuse, est un faux droit, qui fut proclamé dans l’ambiance irénique et antipolitique régnant au sein de l’assemblée artificielle connue sous le nom de « Concile Vatican II » (voir sur ce point les critiques du prêtre canoniste Hans Barion qui dénonçait ouvertement dès 1964 ce climat empoisonné). Elle entre en contradiction avec la doctrine pérenne de l’Église, qui admettait le cas de la tolérance civile, comme un moindre mal parfois nécessaire, mais nullement inscrit dans la nature humaine.

Ratzinger en a fait l’aveu dans sa réponse aux Dubia de Mgr Lefebvre (nous soulignons) : « Bien que cette doctrine de la tolérance ne soit pas équivalenteà la doctrine sur la liberté religieuse, il n’y a pas de raison d’affirmer qu’elles soient inconciliables. Il n’y a pas entre celles-ci une équivalence, car le principe de tolérance implique que l’État a le droit et le devoir de réprimer le mal en lequel consiste la diffusion de l’erreur religieuse, mais qu’il peut et parfois doit renoncer à exercer ce droit pour obtenir un bien supérieur et plus vaste. Or ce droit ne lui est pas reconnu par la Déclaration conciliaire. Cependant il n’y a pas incompatibilité entre ces affirmations, car selon Pie XII la tolérance est justifiée par l’intérêt d’un bien supérieur. Or l’idée du Concile est que la dignité de toute personne humaine et la paix sociale soient toujours des biens qui exigent que l’État ne réprime pas l’erreur religieuse quand celle-ci ne s’oppose pas au bon ordre social (qui inclut la moralité publique). Il y a donc une nouveauté dans la conception de la compétence de l’État à l’égard de la vie religieuse des citoyens et un développement doctrinal concernant le fondement de l’absence de contrainte légale en matière religieuse. »

Admettre la liberté religieuse revient à affirmer que l’Église a bafoué un droit naturel jusqu’à Vatican II, qu’Elle a méprisé l’homme durant presque toute Son histoire et qu’Elle n’est donc point divine, car S’opposant à la Création, Dieu S’opposerait à Lui-même.

Sur ce sujet, nous vous renvoyons au Discours sur la tolérance de Mgr Raymond, à l’Essai théologique sur le catholicisme libéral de Mgr Pelletier ainsi qu’au chapitre 9 du schéma préconciliaire De Ecclesia, qui fut rejeté par l’assemblée. Pour en arriver là, l’Église a dû subir une manœuvre de subversion comme elle n’en a jamais connue dans son histoire. Nous renvoyons ici aux livres Mystère d’iniquité, Soixante ans de religion conciliaire. Sédépleinisme & Sédévacantisme, Constats – Questions et à Ils l’ont découronné de Mgr Lefebvre.

XV. Défenseurs de l’ultra-lité du catholicisme

Le catholicisme n’est pas une œuvre de fabrication humaine. Le vrai chrétien sait que le Saint-Esprit a inspiré et guidé l’esprit des premiers apôtres jusqu’aux fidèles d’aujourd’hui. Cette divinité de notre Foi, de l’Église, lui interdit de se rendre solidaire en son essence d’une culture ou d’une époque particulière. Le catholicisme se les fait sien lorsque celles-ci l’acceptent, par un effet de la Providence divine, mais la Religion ne se fait pas dans une civilisation. Elle y préexiste et la dépasse. Parce qu’il s’agit de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l’homme ne peut Le limiter ou L’encadrer, à proprement parler. Non parce qu’il s’agirait d’un pyrrhonisme monstrueux qui accepte tout, y compris les contraires, mais parce que c’est une œuvre divine, et que le Divin, aussi en Son infinité, est l’Église. Vouloir circonscrire l’œuvre de Dieu revient à se mettre à Sa place. C’est une problématique très actuelle, liée à la crise identitaire de l’Occident qui peut pousser les peuples en révolte contre la dissociété à cette folie. Nous ne pouvons pas mythifier l’Église ou notre peuple, car nous ne sommes pas divins. Nous participons à la divinité par l’Église, mais c’est Elle qui est maîtresse de l’opération.

Nous renvoyons à Iota Unum de Romano Amerio.

XVI. Opposés aux erreurs traditionalistes et progressistes

Le traditionalisme affirme dans l’homme une véritable impuissance physique à parvenir soit à la connaissance, soit à la certitude de l’existence de Dieu, indépendamment de la Révélation. La Révélation, et par suite la transmission traditionnelle, serait même la seule façon d’atteindre avec certitude le vrai dans le domaine métaphysique. Cette doctrine fut condamnée lors du Concile du Vatican. Elle entraîne énormément de conséquences néfastes : hypertrophie du concept d’autorité, rabaissement de l’homme à une machine faite pour digérer la vérité sans intelligence conceptuelle, absence de distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, affirmation que la Grâce divine serait due à l’homme, confusions diverses sur le rôle de la Foi, de la Tradition et du Dogme, etc. Le progressisme considère l’Église comme un appareil humain qui doit sa doctrine aux désirs du monde dont il prétend être l’interprète. Il partage le fidéisme du traditionalisme, en revanche il considère qu’il ne faut pas soumettre la réflexion métaphysique à la Révélation ou à une époque antérieure, mais au monde actuel. Ces deux courants ont une fausse conception de l’homme, de sa psychologie et de la métaphysique en général. De plus, ils perdent de vue le point précédent, à savoir le caractère supérieur, car divin, de la vie chrétienne. Tout l’anthropologique dépend du divin. Proclamer le monde comme étant la norme supérieure, que ce soit celui du présent ou celui d’une époque passée, revient à perdre ce caractère fondamental de la religion.

Nous renvoyons d’une part à l’Essai sur les principes du traditionalisme du Cardinal Zigliara, ainsi qu’à l’étude du chanoine Lupus sur Le traditionalisme et le rationalisme examinés au point de vue de la philosophie et de la doctrine catholique et, d’autre part, à l’ouvrage de l’abbé Meinveille De la cabale au progressisme ainsi qu’à l’opuscule du père jésuite de la Barre sur La vie du dogme catholique : autorité – évolution.

XVII. Rejetant la fausse philosophie des valeurs, pansement sur la jambe de bois du monde moderne

A la suite de la critique cartésienne puis kantienne de nos connaissances métaphysiques, beaucoup de pseudo-philosophes se sont mis à remplacer la notion transcendante de bien par celle de « valeur », afin d’éviter le nihilisme absolu. Le bien n’étant pas atteignable véritablement par la connaissance, selon Kant, il fallait trouver un dérivatif, et ce fut l’œuvre de cette fausse philosophie, dont les héritiers actuels sont le pragmatisme, le modernisme et l’idéalisme. Ce n’est plus ce que l’on comprend qui importe, car au fond, on ne peut jamais en être certain, mais ce par quoi l’on comprend. La psychologie a remplacé la métaphysique. Chimère, car le concept de bien, comme celui de l’être, reste présent dans la pensée de ces sophistes, bien obligés qu’ils sont de devoir adopter un mode d’expression conceptuel s’adressant à l’intelligence, fût-ce dans le but impossible de la réduire au silence.

Nous renvoyons à l’Essai critique sur le réalisme thomiste comparé à l’idéalisme kantien de l’abbé Dehove, à l’ouvrage du père dominicain Maumus sur S. Thomas d’Aquin et la philosophie cartésienne ; études de doctrines comparées ainsi qu’aux ouvrages sur la Gnose d’Étienne Couvert.

XVIII. Antidémocrates

La démocratie est un système pervers jusque dans son essence. Pour qu’il existe un pouvoir, il faut qu’il y ait décision. Or, le peuple en tant que tel n’est pas un être constitué capable de prendre une décision au sens politique du terme, le referendum n’étant que la consultation du peuple sur une question précise par un pouvoir politique préexistant qui ne peut pas se transformer en un système fonctionnel (d’où les tendances autocratiques des régimes nationalitaires). Néanmoins, la validation par le peuple d’un pouvoir constitué est essentielle à sa pérennité, mais cela n’a pas besoin de passer par l’élection ou par le referendum. Nous validons le pouvoir par notre absence d’hostilité envers celui-ci et par notre participation volontaire à sa force d’unité. Ensuite, la démocratie sous-tend, la plupart du temps, une pensée basée sur la souveraineté populaire, qui heurte les droits de Dieu et les lois naturelles en ce qu’elle fait du peuple l’être collectif générateur des normes. De plus, la délibération, moyen démocratique par excellence, ne permet pas de résoudre les conflits, en particulier ceux liés directement à la morale ou à tout ce que l’on considère comme faisant partie de notre identité. Et cette « identification » partisane tend à s’accroître de façon parallèle à la « politisation » de masses incapables intellectuellement et psychologiquement d’avoir un avis politique réfléchi. D’où un phénomène de dé-moralisation et de fanatisation des consciences, intrinsèque à la réalisation de l’idéal démocratique.

Nous renvoyons à l’Examen critique des gouvernements représentatifs dans la société moderne (en 4 tomes), du père jésuite Taparelli d’Azeglio, ainsi qu’à la Crise de la démocratie parlementaire de Carl Schmitt et à l’étude empirique de Jason Brennan Contre la démocratie.

XIX. Critiques envers la démocratie chrétienne

Les démocrates-chrétiens ont toujours été des idéalistes tragiques, ou des politiciens cyniques. L’abbé Grégoire, l’abbé de la Mennais, Montalembert, Piou, Hitze, Joos, Sangnier, Maritain, Mauriac, Bidault, Gasperri ou les conciliaires actuellement étaient et sont encore des rêveurs inconsciemment nuisibles pour la chrétienté. Les exemples belges, italiens ou allemands n’ont guère été exempts de tout reproche, et ils n’existent d’ailleurs plus que verbalement. Estimant devoir être les garants d’un système décrit dans le point précédent, ils ont espéré en modérer ses effets démoralisateurs et polariseurs par un appel à la responsabilité sociale. La mise en valeur de cette vertu particulière a dépassé toute prudence chez eux, car c’était la seule façon de continuer à maintenir une unité politique sans devoir rompre avec la foi catholique ou avec l’idéal démocratique. D’où des extrémités comme celles d’une « chrétienté non sacrale », voire d’un « christianisme anonyme » comme autant de tentatives de sauvegarder le mythe démocratique, en sacrifiant le dogme. Ils sont aujourd’hui parmi les ultimes chiens de garde du système, prisonniers de leur logique perverse.

Nous renvoyons à l’Étude sur le ralliement, de Robert Havard de la Montagne, à Vérités sociales et erreurs démocratiques de Mgr Delassus ainsi qu’à l’article « Église ou Parti ? » de l’abbé Barion et enfin l’ouvrage de l’abbé Meinvielle, De Lamennais à Maritain.

XX. Critiques envers les régimes fascistes

Les fascismes étaient des réactions passionnelles face au libéralisme démocratique et bourgeois, liées aussi aux troubles déjà anciens des révolutionnaires jacobins puis bolchéviques. Ils rejetèrent la démocratie, l’individualisme, l’hédonisme pour une vision communautariste et idéalisée de la société. Leur principal problème, qui a empêché les élans exaltés, et donc désordonnés, de ces mouvements d’être corrigés par l’expérience et l’exercice concret du gouvernement, réside dans les conditions de leur prise du pouvoir, à l’intérieur d’une société démocratique. La logique partisane, nécessaire à la conquête de l’État démocratique, deviendra le pire ennemi structurel de ces régimes, dont ils n’échapperont jamais totalement. Ils étaient prisonniers de leur propre Parti. C’est pour sortir ces régimes de cette logique, fruit de la démocratie, que, par exemple, les catholiques « de droite » autour de Von Papen ont poussé à l’Anschluss, pour affaiblir la structure subjective du Parti et en renforcer l’élément chrétien et réaliste.

Nous renvoyons à l’étude de Mgr Hudal sur Les fondements du national-socialisme, ou à celle de Gonzague de Reynold, D’où vient l’Allemagne ? ainsi qu’à celles, plus iconoclastes car « post-fascistes », de Joseph Mérel/Jean-Jacques Stormay.

XXI. Opposés au sociabilisme

Voici la définition qu’en donnait Jean Ousset, un des concepteurs du terme (bien que le comportement se trouvait déjà avant lui, et perdure encore bien après sa mort) : « Le sociabilisme n’est pas une manière de convertir les gens à quelque autre système que ce soit. Il a pour but spécifique (très limité) de permettre à des gens de vivre ensemble, même si ces gens ne veulent changer en rien. » Pour reconstruire le tissu minimal des rapports humains, après les destructions opérées par la Révolution, on met la vérité et la charité et même la nécessité de la vertu entre parenthèses, on place le bien perçu de la société avant le bien moral pour permettre à tous les membres du « milieu » de « vivre ensemble ». C’est du solidarisme naturaliste, ennemi de la vertu et de l’ordre. Certes, pour Ousset, cette méthode devait être une simple étape, mais en la légitimant, il a participé à la réduction de l’action sociale des groupements « de droite » à n’être plus que cela. « Pas d’ennemis à droite » n’est pas loin et à partir de là, toutes les erreurs possibles et imaginables.

Nous renvoyons aux articles de Pierre Moreau sur le sujet dans la défunte revue Didasco.

XXII. Anti-mythistes et anti-utopistes, car opposés à l’idéologisation

La logique partisane se nourrit de mythes et d’utopies, des discours symboliques visant à mettre à l’honneur des valeurs supposées parfaites en elles-mêmes et dont la régulation par les vertus de prudence et de justice ainsi que par les exigences du réel est rejetée. L’âme moderne se nourrit de rêves et de chimères, car elle ne veut pas du réel concret, elle ne veut pas d’un monde dont la finalité est Dieu Lui-même. Alors, elle déraille et rationalise son déraillement par un système fermé au réel. Ce système a besoin de mythes et d’utopies qui lui permettent de pallier ses manquements, notamment dans les matières philosophiques. Cela crée des âmes romantiques, subjectivistes et prisonnières de leur médiocrité intellectuelle, car prisonnières de leur moi. L’idéologie est la nourriture de l’âme qui entend se priver de Dieu. Elle nous est infecte et mortifère.

Nous renvoyons à l’étude du père dominicain Hugueny Critique et Catholique (en deux tomes), ainsi que celle de l’abbé Verneaux, Épistémologie générale ou Critique de la connaissance et celle de Maurice Debaisieux, Analogie & symbolisme ; étude critique de l’analogie comparée au symbolisme dans la connaissance métaphysique et religieuse.

XXIII. Pour une véritable politique

Le politique est la force qui maintient une unité entre des éléments humains dissemblables. Nous vivons à une époque qui tend vers l’anéantissement du politique. Les libéraux réduisent l’action civique à la délibération éternelle et les utopistes à une stricte application d’un droit uniforme. Il n’y a plus de place pour l’art politique. Même sa nécessité est remise en cause. Cela ne peut mener qu’à la catastrophe d’une société sans forme, une dissociété donc, et cette aberration ne peut se maintenir sans la destruction de sa matière elle-même. D’où le nihilisme gauchiste et existentialiste actuel. Face à cette menace, le recours aux mythes ne suffit pas et risque plutôt d’aggraver le mal, comme la triste histoire de Lamennais ou celles des groupes völkisch le démontrent ; le premier finissant dans le jacobinisme et les seconds dans l’existentialisme heideggerien. Il faut réhabiliter le politique dans sa fonction propre.

Nous renvoyons à l’ensemble des œuvres de Carl Schmitt.

XXIV. Ethnarchistes

L’ethnarchie est la société internationale qui repose sur les faits naturels. Elle est indépendante de la volonté humaine. Elle doit s’appuyer sur une autorité pour s’assurer du bien commun des nations à un niveau international. Cette autorité ne se substitue pas aux nations, mais elle est appelée à agir sur elles en vue de leurs fins propres. Cela ne veut pas dire que cette société doit devenir le « royaume de Dieu sur Terre » et que l’on doit y établir la dictature absolue du droit sur le politique. Il ne peut y avoir une rationalité organisatrice universelle de fabrication humaine. Cette autorité internationale doit avoir un pouvoir coercitif et sera toujours, nécessairement, imparfaite. Il ne faut pas succomber à la tentation millénariste et fonctionnaliste, dans son fond antichrétien, antipolitique et socialiste, de la paix universelle du mondialisme actuel.

Nous renvoyons à l’Essai théorique de droit naturel, basé sur les faits (2 tomes) du Père jésuite Taparelli d’Azeglio.

XXV. Monarchomaques

Héritiers du combat des ligueurs Jean Boucher, Guillaume Rose et François Pigenat contre l’absolutisme royal inspiré des Gallicans – école qui continue à faire des ravages par ses succédanés républicains – nous croyons que c’est la nation qui fait le Roi et que celui-ci peut être destitué dans certaines conditions bien précises. Non seulement peut-il être destitué, mais le peuple a droit de vie et de mort sur lui. Cette école sera une des plus importantes à mettre en évidence le principe de supériorité du point de vue catholique, fondement de tout notre engagement, dans tous les domaines.

Nous renvoyons à la Couronne mystique du chanoine Jean Boucher et surtout à la Juste autorité de la république chrétienne sur les rois impies et hérétiques de Mgr Guillaume Rose.

XXVI. Corporatistes réalistes

Dans un système corporatif, les professions sont monopolisées par ceux qui les exercent sous l’autorité des pouvoirs publics ; elles déterminent, sous le contrôle du pouvoir, les quantités à produire en raison des besoins prévus ; elles limitent le nombre des producteurs et leur recrutement ; elles fixent les procédés de fabrication et les conditions de travail ; elles combinent les prix et les salaires de façon à donner une rétribution convenable à chacun des participants. C’état le système créé par le Moyen-Age chrétien et perdurant, bon gré mal gré, jusqu’à la Révolution. Néanmoins, il nous faut préciser qu’un tel régime ne serait pas applicable en l’état, mais devra tenir compte de la situation actuelle, et probablement en passer par un premier stade de libéralisation, de façon à revitaliser les forces économiques broyées par un stade avancé de socialisme. De plus, au vu de l’évolution de la puissance étatique depuis la fin de l’époque féodale, nous ne pouvons plus nous permettre d’établir un système corporatif par la voie libérale et indépendante – liée à l’accident de l’apparition de la féodalité – des initiatives personnelles comme ce fut le cas au Moyen-Age. Le système corporatif ne pourra être instauré que par la puissance étatique, comme toutes les tentatives de résurrection du vingtième siècle l’ont montré (même Pinochet conserva soigneusement sous l’emprise étatique la gestion des mines de son pays). Notre système économique s’inspirera donc davantage de la tentative autrichienne d’instaurer un Ständestaat, un État des domaines, favorable à un corporatisme étatique.

Nous renvoyons au Cours d’économie sociale du Père jésuite Antoine ainsi qu’aux Grandes lignes de l’économie politique de Victor Brants, à l’ouvrage synthétique d’Othmar Spann sur L’État vrai (en allemand) et à l’étude pénétrante de Bertrand de Jouvenel concernant la notion Du pouvoir.

XXVII. Subsidiaristes

La subsidiarité est un concept politique classique qui stipule que c’est une erreur morale d’obliger à faire par un niveau social trop élevé ce qui peut être fait par un niveau social plus bas, car on le priverait alors de tout ce qu’il peut faire. Ce principe s’oppose aux tendances idéologiques détruisant les organismes sociaux intermédiaires, empêchant la société d’être équilibrée et respectueuse à la fois de la dignité de la personne humaine et de l’État en tant que force d’élévation. Un État-Providence bureaucratique n’est pas un État fort, mais une mère poule qui finira, à la longue, par détruire la moralité de ses citoyens et, de fait, par se détruire soi-même.

Nous renvoyons à l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII.

XXVIII. Protecteurs des libertés économiques

Nous défendons le droit de propriété qui est le droit de jouir et de disposer des choses de la façon la plus complète pourvu qu’on n’en fasse pas un usage qui soit en opposition avec les lois de l’État, les vœux de la nature et les desseins de Dieu. La sauvegarde d’un tel droit permet un développement harmonieux de l’homme, car c’est ainsi qu’il peut développer librement le « pli » rappelé dans le point 9. Nous sommes donc anti-socialistes et anti-collectivistes. Nous défendons également le droit d’association, le droit à un juste salaire ou encore l’obligation d’avoir un travail juste, contrairement à l’école libérale.

Nous renvoyons aux études du père sulpicien Garriguet sur La propriété privée ainsi que celles sur Le salaire, sur le Régime de travail (deux tomes), sur Le contrat de travail, sur le Prêt, Intérêt, Usure, ou encore celle du père sulpicien Vallet sur La propriété, sa nature, ses titres, ses bienfaits, ses charges, ses limitations, son avenir, ou enfin celle du père jésuite Castelein sur Le socialisme et le droit de propriété .

XXIX. Contre-réformistes

La réforme politique légale est possible lorsque la substance du politique est respectée par l’appareil légal et lorsqu’une volonté populaire de réforme existe. On en est loin (cf. § 18 et 23). Le pays légal, exacerbation des pulsions mortifères du pays réel, empêche et empêchera tout basculement radical par sa force structurelle. Les tentatives de réforme de la part de Trump, Poutine, Orbán, May, Duda, Duterte et d’autres, qu’elles soient bonnes ou mauvaises mais qui manifestent une volonté de résistance de la part du politique face à son processus de mise à mort, se heurtent continuellement à cette alliance tacite entre l’ « état profond », qui est un contre-État, la contre-Ethnarchie que sont les organes de l’utopie mondialiste, et la masse sybarite. Ce combat pour la survie du politique est donc un combat surtout symbolique, car sa désintégration est déjà fort avancée. Il ne peut suffire sur un long terme. Par conséquent, il faut adopter une plateforme antilégaliste et révolutionnaire pour pouvoir véritablement réformer la politique.

XXX. Opposés à la décadence

C’était compris dans tout ce qui précède, mais ça va mieux en le disant. Nous réprouvons les comportements dépravés, contraires à la morale ainsi que les associations nuisibles, y compris les sociétés de pensée idéologique, qui nuisent au bien commun et qui sont contraires à la volonté divine. La décadence, comme l’erreur, n’a aucun droit.

Christus Imperat

Publicités